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14/3/26 | Claude Reichman |
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Pour en finir avec les guerres de religion !
Sur les 8 milliards d’êtres humains qui vivent sur terre, 5 milliards sont des adeptes de ce qu’on appelle les grandes religions (Christianisme, Islam, Hindouisme, Bouddhisme). Et les autres hommes, sont-ils athées ? Pas du tout. Ils appartiennent à des religions de moindre effectif, mais pas de moindre foi. Le fait religieux est donc universel. Ce qui a fait dire à Mark Twain que « l’homme est un animal religieux et qu’il est même le seul à l’être ». Il est de fait que votre chien ou votre chat ne pratique aucune religion, même s’il vous est fidèle. Huit milliards d’hommes religieux sur huit milliards d’habitants sur la planète, c’est la garantie de conflits perpétuels pour l’humanité. Et il est de fait que dans les temps historiques, les guerres de religion n’ont pas cessé, et qu’elles se poursuivent allègrement aujourd’hui. La guerre que mènent les Américains et les Israéliens contre les Iraniens et leurs alliés du Liban peut passer pour être géostratégique, mais le fait qu’elle oppose des chrétiens alliés à des juifs à des chiites musulmans ne peut être ignoré. Le fait fondateur des relations humaines est la difficulté, pour ne pas dire l’impossibilité pour les hommes de vivre ensemble. Ils le font très bien, depuis les origines, mais à condition d’être semblables. Aux temps préhistoriques, être semblables signifiait qu’on habitait le même village et qu’on massacrait les habitants du village voisin si on les rencontrait par hasard. Les religions se sont presque toujours surajoutées aux ethnies, ce qui a donné aux guerres un caractère sacré et beaucoup plus de sauvagerie, car rien ne vaut un conflit religieux pour atteindre les sommets de l’horreur. Je me souviens d’une pièce de Jean-Claude Grumberg, auteur juif militant, qui racontait la vie d’une famille immigrée confrontée à l’arrivée de cousins étrangers s’invitant chez eux et qui leur envoyait une lettre disant qu’ils les accueilleraient avec plaisir « pendant quelque temps », ce qui signifiait « pas trop longtemps ». L’auteur n’était pas dupe de son militantisme. Les exemples abondent de ces cohabitations non souhaitées et qui se terminent mal. Tant qu’elles sont contenues dans une société qui a fait de la tolérance et de l’inclusion ses valeurs de référence, les choses se passent à peu près bien, mais il ne faut pas grand chose pour les faire déraper. Et ces fameuses valeurs ne pèsent pas lourd quand elles sont confrontées à de vifs conflits d’intérêt ou de caractère. C’est tout le problème de l’immigration. Qui est avant tout dominé par le nombre. Et qui n’est d’ailleurs que le problème des foules. Ayant créé un syndicat médical libéral, je demandai un entretien au ministre des affaires sociales afin de m’assurer des conditions de la représentativité. Le ministre me fit recevoir par son directeur de cabinet, un énarque fort aimable, qui me délivra ainsi sa leçon : « A cinq pour cent de l’effectif professionnel, vous ne pouvez prétendre à la représentativité. A dix pour cent, vous êtes incontournable. A vingt pour cent, vous êtes le patron ». Cet homme avait un beau destin devant lui, puisqu’il devint un important ministre de la République. Je me demande souvent, quand je constate le caractère brûlant de l’immigration en France et les troubles soulevés, comment ce garçon qui a été présent dans la plupart des gouvernements ayant autorisé ces mouvements de population, avait pu rester indifférent aux problèmes ainsi créés, alors qu’il en mesurait parfaitement les conséquences. Mystère du pouvoir. L’essentiel ne demeure pas moins le choc des religions. Les rendre paisibles ne paraît pas hors de portée pour celles qui se sont assagies avec le temps et grâce à leur substratum fondamental. Le christianisme ne pose ainsi plus aucun problème de violence ni d’intolérance. Il n’en est pas de même pour l’islam, qui n’a jamais rompu avec son refus violent d’admettre les non-musulmans et sa volonté farouche de les conquérir pour en faire des « dhimmis », des soumis. Musulmans et hindouistes se battent inlassablement en Inde, et ainsi de suite. La tentation est forte de dire avec accablement : « Mais cela ne s’arrêtera donc jamais ! » Je vais risquer une hypothèse, et je comprendrai très bien qu’elle suscite l’incompréhension de mes lecteurs. Je pense que le principal facteur de l’évolution des sociétés humaines est la télévision. Elle montre à tous le mode de vie occidental. Certes, celui-ci est loin de n’avoir que des qualités, mais il offre le spectacle de sociétés le plus souvent tolérantes et ouvertes aux évolutions du monde moderne. Avec le prestige qui s’attache à l’aisance matérielle et à la séduction de relations charmantes entre les hommes et les femmes. Je sais que les violences existent entre les sexes et que les conduites responsables ne sont pas toujours la règle, mais comme le dit un jeune humoriste, « Vous connaissez beaucoup de gens qui, à la chute du mur de Berlin, se sont enfuis à l’Est ? ». Alors qu’on me permette de citer une des meilleures répliques du cinéma américain. A Robert Mitchum détective privé, qui lui donne un baiser fougueux, sa partenaire, qui ne l’a pas engagé pour cela, demande : « Et que faites-vous quand vous n’embrassez pas les jeunes femmes ? », Mitchum répond : « Je prie, avec les autres moines. » Claude Reichman
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